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Autobiographie Fantasmée


Blague à part, j'aurais aimé bien sûr, pour un être aussi incroyablement original que moi (;)) ), une bio... romanesque... Des parents d'origine étrangère (une mère arménienne et un père américain, ça claque non?) des drames et des voyages (genre ma mère (traductrice de Julien Gracq en langue slovène) aurait fui la répression communiste et aurait rencontré mon père (espion double international et prix Nobel  de chimie) dans un hôtel où elle faisait des ménages), des parents ayant eu une vie incroyable quoi... Bref la bio "normale" d'un auteur "normal"...
Mais non.
Hélas pour moi non, trois fois non.
Ma biographie au contraire est d'une banalité complète: Je suis né en France de parents Français (dont les origines se perdent dans les profondeurs des terres de Normandie et du Périgord), ils ont construit un pavillon à étage dans la périphérie d'une petite sous-préfecture juste avant que je naisse, j'y ai grandi (en plus apparemment mon père est vraiment mon père...) et ils vivent toujours... ensemble. Pas de drame donc (même pas de divorce!), pas de voyage, pas de déménagement, pas de maladie, même pas de décès, rien qu'une normalité confortable... Rien que la normalité de deux parents qui travaillent dans la toute petite bourgeoisie des sous-préfectures, école publique par conviction et vacances au ski tous les hivers... Rien que la normalité d'une famille religieuse comme on pouvait l'être dans les années 50 mais à l'heure des années 80 et qui a même fait de moi un enfant de choeur...  Rien que la normalité d'une famille même pas riche, même pas pauvre avec de solides convictions banales donc...
Même à l'école j'ai tout enfilé sans redoubler, ni bon ni mauvais dans une réconfortante moyenne... Enfance entourée de profs en plus... Programmé socialement pour devenir clerc de notaire ou prendre la place de mon père au crédit agricole... Rien à dire de ma bio donc... Mon enfance ne s'est pas déroulée dans le monde des bisounours mais si j'en avais croisé un il n'aurait sûrement choqué personne...

Pourquoi alors suis-je sorti de cette enfance-là totalement désespéré, passablement suicidaire, addictif, auto destructeur, cynique, apostat, amoral avec un besoin presque physique de la beauté, de l'art conceptuel, de la musique, du cinéma, des voyages, des fuites, avec une obsession pour la violence invisible, la méchanceté, le désir et les rapports de pouvoir...

C'est sûrement là que commence l'écriture...
  
Biographie Alternative

Ce texte m'a été écrit par spycho: Camarade, blogueur et psychologue pour enfants, 4 raisons donc de faire totalement confiance à son avis...

"Yann Frat est un jeune auteur qui allie à l'écriture une finesse d'esprit et un éclat peu commun, un sens de l'image et du mot qu'on ne rencontre qu'une fois par siècle (oui, ben quoi, il vient de débuter le siècle, alors on peut y aller...).

Dans sa jeunesse, porté par le fol élan d'aider son prochain et l'humanité toute entière, d'aller dans des territoires où personne d'autre ne veut s'aventurer (nb : les toilettes intimes de mamies incontinentes), le jeune Yann embrassa des études d'infirmier et maintes infirmièr(e)s aussi.
Hélas, son abnégation à son sacerdoce infirmier lui fût alors une douleur intense quand il réalisa abruptement  qu'il n'avait que deux bras et ne pouvait aider l'humanité toute entière. (En vrai il réalisa qu'infirmier libéral ne rapportait pas un rond...).

Porté par l'exemple de Marc Levy ou Guillaume Musso, il se dit qu'écrire n'était finalement pas si compliqué et à la portée du premier idiot venu.
...
...
Enfin, euh, attention, je veux pas dire qu'il est idiot, Yann... Je veux dire qu'en voyant Levy, il s'est dit qu'il pouvait écrire aussi mal sans se forcer... Euh non, aussi bien !... Enfin bien... c'est pas le bon terme non plus...
...
...
Oh et puis, zut, laissez tomber quoi !

Surtout il se dit que ça pouvait rapporter gros, et il s'attela à la tâche.
Son premier roman "Oui-Oui contre les Sado-Maso de l'espace" se vendit mal, bien qu'il contînt déjà les ferments de son inspiration ultérieure : vision de l'enfance désabusée, sexualité centrale et sombre, refus des canons de l'esthétisme usuels, choc de deux mondes, réflexion sur la contingence néoboudhiste de l'universalité infinitésimale (relisez Oui-Oui, tout est dedans)

Il tînt bon cependant, malgré son insuccès et décida de peaufiner son style déjà si personnel, qui le mena vers les sommets de la gloire où il ne devrait pas tarder à se trouver.Ou pas."